Danse en République Dominicaine : bachata, merengue et où danser

 

En République Dominicaine, on danse deux choses : le merengue et la bachata. Tout le reste, salsa, dembow, danses de fête, tourne autour.

On les danse entre voisins, en famille, à tout âge, et le plus souvent sans les avoir jamais apprises. Il suffit de passer devant une petite supérette, où la bachata sort des enceintes et s’entend cinquante mètres plus loin dans la rue, pour comprendre que ce n’est pas une activité du samedi soir.

Voici ce que vous croiserez sur place, d’où ça vient, et où le danser.

 

Quelle danse en République Dominicaine ?

Deux danses dominent tout le reste : le merengue et la bachata. Toutes deux sont nées dans le pays, et toutes deux sont inscrites par l’UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l’humanité : « la musique et la danse du merengue » en 2016, « la musique et la danse de la bachata dominicaine » en 2019. Ici, on ne sépare pas l’une de l’autre.

Autour d’elles gravitent la salsa et d’autres danses latines venues des îles voisines, le dembow, que porte la jeune génération, et des danses traditionnelles afro-dominicaines, plus rares, liées aux fêtes religieuses et aux traditions de quartier.

 

Le merengue, danse nationale

Le merengue est la danse nationale de la République Dominicaine. Il est né au XIXe siècle dans le Cibao, la grande vallée du nord autour de Santiago.

Le merengue est à la fois un genre musical et une danse de couple, d’abord danse de la campagne. Sa forme d’origine, le merengue típico, qu’on appelle aussi perico ripiao, se joue avec un accordéon, une tambora (un tambour à deux peaux) et une güira (un racloir en métal). Les guitares et la bandurria des débuts ont cédé la place à l’accordéon, arrivé à la fin du XIXe siècle avec les commerçants allemands du tabac, et qui n’est jamais reparti.

Longtemps mal vu dans les salons de la bonne société, le merengue a été imposé comme musique nationale sous la dictature de Trujillo, entre les années 1930 et 1961. Il s’est ensuite modernisé, avec le saxophone, les cuivres, les claviers et des tempos toujours plus rapides.

Côté danse, c’est la plus accessible de toutes. Les mouvements de base se marchent sur place, un appui par temps, avec un déplacement du poids du corps d’un pied à l’autre et un mouvement de hanche qui suit naturellement. Les couples tournent, se lâchent, se reprennent, sans jamais s’arrêter. Un débutant peut danser son premier merengue le premier soir.

Le merengue, nous l’avons appris comme tout le monde ici : en le dansant. Un soir à Las Terrenas, Yoana, qui dirige nos opérations sur place, a pris la main de Christophe au moment où le morceau démarrait, lui a montré le pas en deux mesures, et c’était parti.

Pas de compte à retenir, pas de figure à placer. On marche, on tourne, et le morceau se termine avant qu’on ait eu le temps de se demander si on dansait bien. C’est la danse la plus simple du pays, et la plus gaie.

 

La bachata, née dans les quartiers

La bachata est née dans les campagnes dominicaines et s’est construite comme style musical dans les quartiers populaires de Saint-Domingue, dans les années 1960. Elle puise dans le boléro cubain et les chansons de guitare de la campagne. Jouée par plusieurs guitares, avec un bongo et d’abord des maracas, remplacées ensuite par la güira, elle porte la voix d’un chanteur principal qui raconte le cœur brisé et les nuits blanches.

Longtemps critiquée par la bourgeoisie, qui la jugeait vulgaire, elle est restée pendant des décennies la musique des classes sociales les plus défavorisées, tenue à l’écart des radios. Nous racontons cette trajectoire en détail, de 1962 à l’UNESCO, dans notre article sur l’origine de la bachata.

Elle a changé de statut au début des années 1990, quand l’album Bachata Rosa de Juan Luis Guerra l’a fait entendre dans tout le pays, puis bien au-delà. Aujourd’hui, c’est elle qui a fait le tour du monde, des festivals européens aux écoles de danse des grandes villes.

Cette danse de couple se construit sur un cycle de 8 temps : trois pas et un mouvement de hanche, d’un côté puis de l’autre. En République Dominicaine, on danse la bachata traditionnelle, ou bachata dominicaine : un pas plus petit, plus près du sol, de nombreux jeux de jambes, beaucoup de position fermée et un guidage court.

Les écoles européennes ont développé depuis la bachata moderne (bachata moderna), plus en position ouverte, puis la bachata sensual née en Espagne, qui fait travailler toutes les parties du corps avec plus de styling. Nous détaillons ces différences dans notre article sur les styles de bachata.

 

La salsa en République Dominicaine

La salsa n’est pas née en République Dominicaine : elle vient du son cubain et de la rencontre, à New York, de musiciens cubains et venus de Porto Rico. Mais elle y est chez elle. Les Dominicains l’ont adoptée comme le reste de la Caraïbe hispanophone, et elle fait partie de la culture caribéenne du pays, où elle reste très dansée.

Tout dépend pourtant de l’endroit. À Las Terrenas, les soirées sont très majoritairement bachata, avec un peu de merengue, et on n’y danse pas vraiment la salsa. On peut en revanche y prendre des cours de salsa. Si la salsa est votre priorité, mieux vaut le savoir avant de choisir votre destination.

 

Le dembow, la bande-son des jeunes

Au début des années 2000, le reggaeton a pris en République Dominicaine une forme plus rapide et plus brute : le dembow. Porté par des artistes comme El Alfa, il est devenu la musique de la jeune génération, dans les boîtes, les voitures et les fêtes de quartier.

Le dembow se danse de façon libre, sans pas codifié. Vous l’entendrez forcément pendant votre séjour, souvent tard dans la nuit.

 

Les danses traditionnelles de la République Dominicaine

Derrière les danses de soirée existe tout un patrimoine plus ancien, souvent d’origine africaine, qu’on découvre lors de fêtes religieuses ou de célébrations de quartier.

Les palos, ou atabales, sont des musiques de tambours longs, taillés dans des troncs évidés, jouées lors des fêtes de saints et des cérémonies des confréries. La salve est un chant en questions et réponses, accompagné de percussions, entre tradition africaine et hispanique.

Deux de ces traditions sont inscrites au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2008 : l’espace culturel de la confrérie du Saint-Esprit des Congos de Villa Mella, près de Saint-Domingue, et le théâtre dansé Cocolo.

On ne danse pas ces traditions en soirée. Mais les connaître aide à comprendre d’où viennent le sens du rythme, l’expression musicale et le rapport au corps qu’on retrouve ensuite sur les pistes.

 

Où danser en République Dominicaine

Le premier lieu de danse du pays, c’est le colmado : une épicerie de quartier qui devient, le soir venu, un bar à ciel ouvert et le lieu des rassemblements sociaux du quartier. On y achète une bière, on monte le son, et la rue se met à danser.

Viennent ensuite les bars de plage, les terrasses et les discothèques. Selon la ville, les DJ y alternent bachata, merengue, salsa et dembow. Dans la zone coloniale de Saint-Domingue, les soirées ont un visage plus historique, entre vieilles pierres et musique live.

Pour apprendre et pratiquer, nous emmenons nos voyageurs à Las Terrenas, sur la péninsule de Samaná. La ville est assez petite pour tout faire à pied, et la bachata y fait partie du quotidien : c’est elle qu’on entend partout, et c’est elle qu’on danse, très majoritairement, dans les soirées où Dominicains et voyageurs se retrouvent.

 

Apprendre à danser en République Dominicaine

Beaucoup de Dominicains n’ont jamais pris de cours : ils ont appris en famille et dans les fêtes. Pour un voyageur, le plus efficace reste de combiner des cours de danse le matin et des soirées pour pratiquer avec les danseurs locaux.

Sur place, les cours se donnent dans de petits salons de danse, avec des professeurs dominicains. Comptez entre 50 et 70 € l’heure si vous les organisez vous-même. Nous décrivons le déroulé d’un cours de bachata pour débutant dans un article dédié.

Nos séjours sont construits autour de la bachata, avec un danseur ou une danseuse pour chaque participant pendant les cours. Le programme complet est détaillé dans notre guide du stage de bachata en République Dominicaine.

Le pas de base de la bachata s’apprend en quelques minutes, et nous le détaillons pas à pas dans un article dédié aux pas de base de la bachata.

Comptez quelques cours pour tenir une danse simple, et quelques mois pour être à l’aise avec n’importe qui. Nous détaillons ces paliers dans notre article sur le temps qu’il faut pour savoir danser la bachata.

Le plus simple, pour commencer, n’est pas de choisir une danse mais un endroit où elles se dansent toutes. À Las Terrenas, la bachata domine les soirées, le merengue passe entre deux morceaux, et l’on y entre sans avoir à annoncer son niveau.

 

Questions fréquentes

 

Quelle est la danse nationale de la République Dominicaine ?

Le merengue. Né au XIXe siècle dans la région du Cibao, il est devenu symbole national au XXe siècle et figure au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2016.

 

La bachata vient-elle de République Dominicaine ?

Oui. Elle est née dans les campagnes et les quartiers populaires dominicains, et s’est affirmée comme style dans les années 1960 à Saint-Domingue. L’UNESCO l’a inscrite à son patrimoine immatériel en 2019.

 

Quelle différence entre le merengue et la bachata ?

Le merengue est rapide, avec un appui par temps et des tours enchaînés. La bachata est plus lente, sur un cycle de quatre temps dont le dernier est marqué par la hanche, et se danse plus près du partenaire.

 

Faut-il savoir danser pour sortir en République Dominicaine ?

Non. Le merengue se suit en quelques minutes, et personne n’attend de vous une technique parfaite. Quelques bases de bachata rendent la soirée beaucoup plus agréable.

 

Danse-t-on la salsa en République Dominicaine ?

Oui, elle est très dansée dans le pays. À Las Terrenas en revanche, les soirées sont presque entièrement bachata ; on peut y prendre des cours de salsa, mais pas vraiment la danser le soir. Nous comparons ailleurs la bachata, la salsa et la kizomba, leurs origines et leur difficulté.

 

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